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La faute à Voltaire

Il s’agit d’un roman où la narratrice, Camille, qui en raconte la genèse, s’efface devant les personnages, nombreux, qui traversent le XXème siècle, ses événements politiques ou sociaux. Ce sont eux qui ont la parole, pensent, réagissent, s’émeuvent ou ressentent, de là où ils sont, instruits et passionnés par le progrès par exemple pour les uns, illettrés et rompus par le travail, ou impressionnés par les superstitions locales par exemple pour les autres. Les voix sont donc multiples et la langue, quoique châtiée par l’école publique, le plus souvent populaire, qu’il s’agisse des soliloques ou des dialogues, assez nombreux.

Camille, jeune femme de la fin du siècle, va se mettre en quête de l’histoire de sa famille paternelle dont elle ne sait rien, ou presque. Elle va ainsi remonter le temps en partant de son père, Ambroise, qui lui raconte une série de catastrophes qui se seraient abattues sur sa famille, et auxquelles il n’a parfois aucune explication rationnelle. C’est le premier tome de La faute à Voltaire, empreint de malheurs, de peines et de mésaventures pendables et inexplicables qui oppressent Ambroise.

Mais Bertrand dont l’enfance, racontée par son cousin, est marquée de multiples épreuves, ne semble pas, à la différence du père de Camille, écrasé par le sort, ce qui intrigue celle-ci. Elle va chercher plus loin, dans les générations précédentes, et imaginer ce qu'a pu être l’histoire de ces personnages sur trois générations : celle des adultes d’avant la guerre de 14, celle qui est en âge de faire la guerre de 14, puis celle de leurs enfants, dont Ambroise et Bertrand, qui vont traverser l’autre guerre, celle de 39-45.

L’histoire se situe dans un canton de l’extrême Nord Est du bocage mayennais qui, au début du XXième siècle, et malgré une forte influence cléricale, se distinguait des autres par son républicanisme. L’époque était à la confrontation de croyances, religieuses pour les unes, laïques pour les autres ; foi en Dieu d’un côté, foi dans le progrès technique et les lendemains qui chantent de l’autre. Paris, à deux cents kilomètres de là, attirait les jeunes hommes rêvant de travaux moins durs que les travaux agricoles, ou de carrières auxquelles leur instruction nouvelle ouvrait les portes. Le bourg, très animé au début du siècle, se vidait déjà petit à petit de ses jeunes gens lorsqu'arrive la guerre de 14. C’est l’objet du second tome de La faute à Voltaire, intitulé La Belle époque.

Dans le troisième tome, intitulé Corps perdus, la guerre remanie des cartes déjà pipées, tuant, mutilant, et faisant peser sur les Baron le mystère des disparitions d’abord, puis d’une réforme incompréhensible, qui s’ajoute à la rancune des gens pour Félix, le père, qui a participé à la fois à l’inventaire de 1906 (séparation des églises et de l’Etat) et à la réquisition de 14 et qui, en outre, a engendré un enfant, au moins, hors mariage, avec sa voisine. Sous les ricanements et les commentaires entendus des bonnes gens, cet homme à qui, avant-guerre, la vie semblait sourire, semble soudain payer pour tous ses « écarts de conduite », la honte s’abat sur lui et le destin de ses héritiers est brisé.

Huzé Fabienne
Huzé Fabienne

66 ans - (75020)
Blog de l'auteur

« Il était temps, maintenant que les obligations professionnelles ne consomment plus tout mon temps, de donner libre cours à ce désir, cette nécessité d'écriture. Et quel bonheur que d'imaginer tous ces personnages... De les fréquenter.... »

Ils ont lu ce livre

Avis général du Comité de Lecture (Lecture incomplète)

LEYNADP
Moyen LEYNADP - (86340) / 27-Mar-2017

pas réussie en rentrer dans l'histoire
désolée