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l'intrus

Voici une brève présentation de mon roman.
Vincent, brisé par la vie, a décidé, très tôt dans son enfance, de fausser compagnie à l’humanité en vivant clandestinement dans une cave. Il partage son exil avec de surprenants amis imaginaires. Ensemble ils creusent un tunnel qui nous mène secrètement vers d’autres histoires, telle celle d’un vieil homme excentrique et déconcertant : Klemski.
Trente ans plus tard on découvre le secret de Vincent et, jugeant sa vie recluse indigne d’un être humain, on le déracine de son royaume souterrain pour le déporter dans un hôpital psychiatrique ou les seuls compagnons qu’il côtoie sont de pauvres fous emmurés comme lui, dans leurs mondes.
Je n’ai pas écrit mon roman ainsi.
Je ne raconte pas la vie de Vincent, ou disons, sa vie estropiée, mais je dévoile les vies de ses amis imaginaires sans oublier de tendre la main au lecteur, laissant de côté les molles vérités, pour le conduire, sans qu’il n’éprouve le besoin de se retourner vers de déclinantes lumières, dans la caverne des illusions. Pour écrire il faut raconter des bobards nous délivrant de la corvée de réalité qui nous assigne à résidence sur une seule planète.
Si certains veulent croire qu’un fou est l’esclave de ses hantises, je vois en lui le grand ordonnateur d’un univers fait pour un bonheur irrecevable, non conventionnel, peuplé de personnages qui dépassent les bornes. Vincent que l’on croise à plusieurs reprises, comme vendeur détaché mais professionnel de prothèses sexuelles pour le compte d’une entreprise cléricale, ou lors de ses séances thérapeutiques avec le docteur Lestage et dans la cave de son appartement, circule diversement dans le roman comme le sang d’un monstre hybride. Par un artifice littéraire je fais de lui plusieurs personnes, comme je tire de moi les créatures qui me fournissent une multitude de voyages et quelques culs-de-sac. La première partie du roman nous permet de coller l’oreille aux confidences d’un cabinet psychiatrique pour visiter ce qui nous obsède vraiment : les petites histoires des uns et des autres, les calomnies, nos « arrière-pensées » bien sûr et cette région de l’esprit récalcitrante aux vérités domestiques.
Les amis imaginés de Vincent sont le docteur Lestage, psychiatre plus humain que compétant, ne maitrisant rien dans le cabinet où il reçoit les secrets ahurissants de névrosés nombrilistes incurables. C’est la partie la plus amusante de la narration. Les personnages en nouant des liens cocasses et audacieux vont mener la vie dure au pauvre médecin qui se confie piteusement à son employée de maison pleine de bon sens.
La deuxième partie du roman s’attarde sur les deux personnages les plus bouleversants et tente une rencontre improbable, celle de Vincent à l’âge de 8 ans, disloqué par des tragédies, réfugié dans le silence de sa cave et de Klemski, ancien émigré, lui-aussi perdu dans le cercle le plus froid de l’enfer. Les deux personnages, ivres de détresse, s’ils ne croient malheureusement plus aux issues favorables trouvent un chemin singulier vers le cœur.
Enfin la dernière partie, où tout devient réel, nous livre presque une vision crue, anatomique et brutale de la calamité psychiatrique. Le docteur Lestage se métamorphose en brillant orateur expliquant avec emphase notre dérisoire santé mentale et la maladie de Vincent alors que ce dernier croupit avec ses vrais compagnons devant la télévision dont on comprend le rôle perturbateur et stimulant dans l’imaginaire des malades mentaux.
Finalement cette descente dans le monde souterrain de notre héros s’apparente à la chute de l’ange accompagné par la main de Dieu. Un précipice où l’on n’abandonne pas l’ultime cadeau de la boite de pandore : l’espérance.

clyos
clyos

57 ans - (40230)
Blog de l'auteur

«  Situation de famille : couple plutôt atypique
 Nationalité : unique.
 Ma date de naissance coïncide avec la première tentative de détection de signaux d'une intelligence extraterrestre.
 Origine géographique : landaise avec un vague chromosome basque
 Une enfance heureuse. Cette aube de ma vie remplie d'infinis et de rêves s'est poursuivie par une adolescence romantique. Trouvant l'existence trop triviale alors que mes contemporains, guidés par la fraîcheur des instincts vitaux, développaient une science de la vie plus optimiste, j'ai côtoyé les charmes des rêves transfigurant le monde par des enivrements plus exaltants. Je pensais alors que seuls les benêts ne savaient pas inventer d'autres vies que celles qui leur été destinées. Ma jeunesse, jamais achevée, si elle m'a détournée des errements habituels et des idolâtries acceptables, fut une quantité d'expériences bigarrées, qui m'a contraint métamorphoses par métamorphoses, à adopter une vie simple et douce. J'ai finalement atteint l'âge mur où l'on s'agrippe aux ans, puis aux mois et enfin aux jours. »

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Avis général du Comité de Lecture (Lecture incomplète)

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