3ème édition (2019) du Prix du Suspense Psychologique

Président(e) du jury : Bernard MINIER
Concours terminé le : 15/10/2018

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Informations

Paris, le 16 octobre 2018.

Un grand succès pour cette 3ème édition (2019) du Prix du Suspense psychologique parrainée par Bernard MINIER : 100 auteurs participants et plus de 60 manuscrits sélectionnés pour l'étape d'évaluation !

RENDEZ-VOUS EN MARS 2019 pour l'annonce des résultats complets.

Depuis 2017, Les éditions Nouveaux Auteurs révèlent à travers le Prix du Suspense Psychologique, des auteurs de talent.

Ce prix est le seul proposant une DOUBLE PUBLICATION pour le lauréat : grand format aux éditions NOUVEAUX AUTEURS (2019, autour de mars/avril) puis en version poche aux éditions POCKET (2020) 

Fort du soutien du groupe PRISMA media, 1er groupe bi-média en France, les lauréats 2017 et 2018 ont ainsi été lancés avec succès en librairie et en e-book. 

Bernard MINIER est le parrain de ce Prix et prend le relais de Franck THILLIEZ.

 

 

Interview de Bernard MINIER

BM : Merci à vous, et à Franck, d’avoir pensé à moi…


NA : c'est Franck Thilliez qui a proposé ton nom pour prendre sa suite à la présidence de ce Prix. Pourquoi as-tu accepté avec enthousiasme ?

BM : Pour plusieurs raisons. D’abord parce que Franck et moi on se connaît très bien et j’ai pleinement confiance dans son jugement. Lorsqu’il m’a parlé de ce prix et m’a proposé de prendre sa suite, je me suis senti flatté et honoré, sans flagornerie aucune. Ensuite, je trouve formidable que ce prix assure à la fois une publication en grand format et en poche. Et puis, il a des partenaires importants qui lui assurent une visibilité. En même temps, j’avais conscience que cela allait venir s’inscrire dans un agenda déjà très chargé, mais c’est la rançon du succès : nous sommes un peu devenus des ambassadeurs d’un genre littéraire que nous aimons défendre et mettre en avant…


NA : Le Prix du Suspense Psychologique est en effet le seul Prix littéraire en France à garantir au  roman gagnant une double sortie en librairie : d’abord une édition en grand format (Éditions Nouveaux Auteurs) ; puis l’année d’après, en format poche (Éditions Pocket). Cette double vie est-elle importante ?

BM : elle est essentielle. Comme tout lecteur, j’ai plus de livres de poche dans ma bibliothèque que de grands formats. Je connais des pays, comme l’Espagne, où le livre de poche n’existe quasiment pas. Le marché du livre en Espagne souffre énormément, peut-être y est-ce pour quelque chose ? Pour des raisons de budget, de commodité aussi (sur la plage, dans le train ou dans le métro, c’est tout de même plus pratique, et moins encombrant sur les rayons), le poche a toujours connu un grand succès chez nous. Combien de carrières se sont bâties en partie grâce à lui. Cela permet aussi de découvrir un auteur à moindre frais. Et, une fois qu’on l’a découvert, qu’on l’aime, qu’on ne peut plus attendre la prochaine parution en poche, on en vient souvent à lire directement le grand format. C’est un cercle vertueux. En outre, pour un auteur, être publié chez Pocket, premier éditeur de poche, et partenaire de ce Prix, c’est une belle reconnaissance.


NA : on parle de “suspense psychologique”. Quels sont les prérequis de ce nouveau genre selon toi ? Quels sont les codes à suivre et à respecter, les conseils que tu pourrais donner aux auteurs  ?

BM : je crois que ces deux termes parlent d’eux-mêmes. C’est un genre qui s’attache d’abord à la tension narrative et à la psychologie des personnages. Enquêtes policières, traques, harcèlement, obsessions, prises d’otages, disparitions, paranoïa, manipulations, complots, les ingrédients sont nombreux pour créer cette tension. Mais il ne s’agit pas seulement de raconter une intrigue – il s’agit de faire en sorte que le lecteur mette ses pas dans ceux du personnage principal et, dans une moindre mesure, des personnages secondaires, qu’il les suive partout, qu’il soit au plus près de tout ce qui se passe. Il s’agit de lui faire éprouver dans la mesure du possible ce qu’ils éprouvent, de lui faire partager leurs pensées, leurs doutes, leurs questionnements – et surtout leurs peurs et leurs émotions. Dans un roman psychologique, le lecteur sent la pluie qui mouille le personnage, le blizzard qui le glace, la sueur dans son dos, les chaînes qui l’entravent, la douleur, le chagrin, la terreur qui le paralyse, la colère qui irradie dans son ventre, le désir… On entredans le livre, on entredans les personnages. Parmi les prérequis, il y a évidemment la règle du conflit : le conflit, c’est l’essence dans le moteur. Pas de suspense sans conflit. Mais il ne doit pas y avoir une seule forme de conflit. Il y a les conflits externes : le couple, l’entreprise, le manipulateur, le tueur, les kidnappeurs, les collègues, les voisins, l’ami qui vous trahit, et puis il y a les conflits internes : le personnage doit aussi lutter contre ses propres faiblesses, ses propres démons, ceux qui le handicapent gravement dans sa quête de libération, de vérité ou dans son combat. 

Un conseil ? Qui suis-je pour donner des conseils ? Soit, en voici un : comme dans tout art ou artisanat qui s’inscrit dans la durée (cinéma, séries, musique), gardez le meilleur pour la fin. Soignez votre début, soignez votre fin et soignez votre milieu : bref, soignez tout. Et puis, il y a ce que certains théoriciens appellent « l’ascension symbolique » : non seulement le suspense doit aller crescendo, le rythme s’accélérer (même si, paradoxalement, vous devez attraper votre lecteur par le col dès les premières pages et le tenir en haleine jusqu’au bout) mais, à mesure que votre histoire progresse, votre récit doit acquérir de plus en plus de signification, jusqu’au climax et à l’épilogue, où il s’éclaire d’une signification plus vaste qui rejaillit sur toute l’histoire. Et, surtout, une fois tous ces codes intégrés, oubliez-les. Soyez vous-même. Privilégiez ce qui vous différencie.


NA : ce prix ne concerne pas uniquement les “primo-romanciers », il s’ouvre aussi aux auteurs (mêmes connus !) qui voudraient se frotter à ce genre. Tu souhaites inciter tes pairs à tenter l’aventure ?


BM : il me semble que ce qu’on vient d’en dire est une motivation suffisante, non ? Quel genre vous procurera une telle occasion de vous glisser dans la peau de vos personnages au point de s’y confondre ? Quel genre vous amènera si loin dans les émotions et la tension narrative ? Alors, allez-y : si vous ne l’avez déjà fait, venez vous frotter à lui…


NA : quelle est ton actualité ? Que nous prépares-tu comme nouveauté ?

NM : eh bien, je suis en pleine écriture. J’aime me lancer des défis et le prochain roman en est un sacré : il se passe en Asie et aura pour thème un sujet d’actualité, l’intelligence artificielle.